Hicham El Moussaoui

Charlie Hebdo : Peut-on injurier et provoquer au nom de la liberté ?

La responsabilité est le pilier sur lequel repose la liberté. Sans responsabilité, il est illusoire de parler de liberté. Tout le monde connaît le proverbe  qui dit que « La liberté des uns s'arrête commence celle des autres». Ces mots  doivent être pris au sérieux si l’on ne veut pas, dans un modèle exempté de toute limite, vider la liberté de sa substance. Ainsi, les tristes évènements qui ont endeuillé l’hebdomadaire français Charlie Hebdo nous interpellent. Peut-on, au nom d’un rejet de toute foi, injurier, provoquer gratuitement  et intentionnellement? Cette attitude dénuée de responsabilité exprime t-elle la liberté d’expression au nom de laquelle la France s’est levée comme un seul homme ?

Autosuffisance alimentaire en Afrique : 2 erreurs à éviter

70% des Africains travaillent dans l’agriculture mais près du quart de la population du continent demeure sous-alimentée. Et chaque fois que ce constat est fait, les appels à l’autosuffisance refont surface. En effet, après avoir été abandonné, suite à l’échec du plan de Lagos dans les années 80, le concept de l’autosuffisance, impliquant la satisfaction des besoins alimentaires des populations par la production locale, est remis au goût du jour. Si la réduction de la dépendance alimentaire des pays africains est légitime, deux erreurs sont à éviter.

Maroc - Amnistie de change : antidote à la fuite des capitaux ?

À deux semaines de l’expiration du terme (fin 2014) de l’amnistie de change, les banques enregistrent un important rush de clients. Il s’agit d’une opportunité offerte par la loi de finance 2014 aux Marocains afin de régulariser leur patrimoine (biens et capitaux) détenu illégalement à l’étranger moyennant le paiement d’une contribution libératoire (variant de 2 à 10% du montant des avoirs à l’étranger). Une telle campagne peut-elle juguler le problème de fuite de capitaux à l’étranger ?

Régionalisation avancée au Maroc : de la nécessité de la concurrence

Dans son récent discours (6 novembre), le souverain marocain vient de marteler une nouvelle fois l’urgence de l’accélération de la régionalisation avancée.  Il a par ailleurs mis en avant la solidarité entre régions pour parer aux inégalités sociales et territoriales. Si cet aspect est non négligeable, il est problématique de compter uniquement sur la redistribution pour rétablir l’équilibre territorial. Pour la simple raison qu’avant de redistribuer la richesse, il faudrait penser à la créer. Dès lors, se pose la question des incitations à donner aux autorités locales pour améliorer la gouvernance et la gestion locale. Une question qui ne semble pas retenir l’attention ni du souverain ni des experts ayant échafaudé la dernière mouture du projet de régionalisation avancée.

BRICS : vers un nouvel ordre financier mondial ?

Déjà évoqué en mars 2013 au sommet de Durban, en Afrique du Sud, les pays du BRICS ont fini par créer leur propre banque de développement et leur fonds commun de réserves, dotés respectivement de 50 et de 100 milliards de dollars. Le but affiché étant de s’émanciper de la tutelle du dollar et des institutions de Bretton Woods (FMI et BM). Les BRICS ont-ils les moyens de redéfinir l’ordre financier mondial? L’Afrique pourrait-elle profiter de cette initiative?