Hicham El Moussaoui

BRICS : vers un nouvel ordre financier mondial ?

Déjà évoqué en mars 2013 au sommet de Durban, en Afrique du Sud, les pays du BRICS ont fini par créer leur propre banque de développement et leur fonds commun de réserves, dotés respectivement de 50 et de 100 milliards de dollars. Le but affiché étant de s’émanciper de la tutelle du dollar et des institutions de Bretton Woods (FMI et BM). Les BRICS ont-ils les moyens de redéfinir l’ordre financier mondial? L’Afrique pourrait-elle profiter de cette initiative?

Afrique : l’endettement est-il soutenable ?

Si la perspective d’une croissance prometteuse incite les pays africains et avec eux les bailleurs de fonds à l’optimisme, le retour en force, depuis 2007, des pays africains sur les marchés financiers internationaux (émission d’emprunts obligataires libellés en dollars), soulève des inquiétudes au sujet de la soutenabilité de leur endettement. N’y a-t-il pas un risque de reproduire la crise des années 80 ?

Les sept pêchés capitaux de la concurrence ?

Souvent stigmatisée, rejetée, décriée, la concurrence cristallise de nombreuses peurs associées à l’économie du marché et au capitalisme. Ces craintes atteignent leur paroxysme surtout quand on associe la concurrence à la loi du plus fort, à l’immoralité du compétiteur opportuniste, à l’injustice subie par le perdant. Bref, on n’hésite pas à rejeter la concurrence, la malaimée ! Pourtant personne ne se gêne pour profiter de ses bienfaits quand il s’agit d’acheter moins cher, de consommer des produits de meilleure qualité, et de profiter des innovations.

Maroc : une hausse du SMIG pour l’intérêt général ?

Lors de la récente fête de travail, le gouvernement marocain a décidé une augmentation du SMIG (Salaire minimum interprofessionnel garanti) de 10%, étalée sur 2 ans. Une décision présentée comme œuvrant pour la préservation du pouvoir d’achat et la lutte contre la pauvreté. Certes, une telle décision peut sembler servir l’intérêt général. Mais l’est-elle vraiment ?

Limitation des importations chinoises : une protection pour l’économie marocaine ?

Si l’on regarde la situation critique que connaissent certains secteurs de l’économie nationale au bord de l’asphyxie (sidérurgie, bois, textiles, etc.) et la pression qu’ils exercent sur l’exécutif ; le niveau du déficit de la balance commerciale (196 milliards DH) qui, quoique en léger recul, reste menaçant pour la stabilité macroéconomique du pays (réserves de change et endettement) ; le déséquilibre structurel des échanges avec la Chine en défaveur du Maroc (24 milliards DH, soit 12% de l’ensemble du déficit commercial du Maroc) ; il n’est pas étonnant, qu’en ce temps de disette, le gouvernement soit réceptif à toutes les voix réclamant une limitation des importations via une défense commerciale active, en l’occurrence contre les produits chinois. Mais, en cédant à ces sirènes, va-t-il sauver réellement notre commerce et notre industrie émergente ? Pas si sûr !