Démocratie

Afrique: Est-ce que la démocratie garantit le développement?

Abraham Lincoln définit la démocratie comme « le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple ». En cela, il met l'accent sur la nécessité pour les gens de prendre en charge les questions qui déterminent leur destin et suggère un lien direct entre le gouvernement et le peuple. Dans son livre « la fin de la pauvreté », Jeffrey Sachs soutient que la démocratie est une condition préalable au développement économique. Selon lui, un régime qui est despotique, arbitraire et sans foi ni loi, peut facilement détruire le développement.

Le bilan mitigé des Commissions électorales indépendantes en Afrique

Au moins huit élections présidentielles se réaliseront en 2015 en Afrique notamment au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Niger, au Nigeria, en Guinée, au Togo, au Soudan et au Burundi. Dans la recherche de l’alternance au pouvoir, on note la difficulté d’un dialogue constructif autour de l’organisation des élections. Cela engendre des risques de crise postélectorale majeurs qui nous poussent à nous interroger sur les capacités réelles des Commissions électorales existantes.

Démocratiser la démocratisation de l’Afrique

De nos jours, le livre polémique de René Dumont paru en 1962 pourrait s’intituler « La démocratie africaine est mal partie ». Dans la version originale, « L’Afrique noire est mal partie », l’auteur déplorait déjà une « Afrique cliente de l'Europe ». Cette relation entre l’Afrique et l’Occident demeure polémique en matière de démocratie. Remonter à Dumont permet de modérer ce débat qui n’a jamais disparu sur la non-préparation de l’Afrique à la liberté et sur l’inadéquation du modèle occidental pour le continent. Déjà, en 1990, comme le rapporte Jeune Afrique N°1523 du 12 mars 1990, Jacques Chirac, alors Premier Ministre français, déclarait à Abidjan que la démocratie (multipartisme) était « un luxe » et « une erreur politique » pour l’Afrique.

Sommet Américafrique : quelle démocratie pour les Africains ?

Du  04 au 06 août prochain, le président Barack Obama reçoit à Washington la plupart de ses homologues africains. À l’instar de la Françafrique et de la Chinafrique, on pourrait parler ici d’une Américafrique. En dehors des enjeux économiques, la presse internationale évoque aussi des enjeux sécuritaires et politiques, notamment la question de la gouvernance démocratique. Si la position officielle de l’Administration américaine, refusant la manipulation des constitutions pour s’éterniser au pouvoir, est louable, il est légitime de s’interroger sur sa sincérité au regard de la convoitise dont fait l’objet l’Afrique ces dernières années.

La démocratie au bout du canon : une approche crédible pour l’Afrique ?

Le zèle avec lequel l’ex-rebelle ivoirien, Guillaume Soro, a présenté le 11 juin 2014 la rébellion à l’Assemblée nationale du Cameroun, pourtant siège de la loi, ouvre le débat sur le sens de la libération de l’Afrique et de la démocratie. En rappel, le coup d’État militaire a permis depuis 1999 de créer plusieurs alternances à la tête de l’État ivoirien mais, le bilan démocratique reste mitigé. Aussi, depuis les années 1960, l’Afrique a connu une multitude de coups d’État militaires pourtant, aucun des pays concernés n’est compté parmi les 30 premières démocraties du monde. A l’heure du bilan, la question est donc de savoir si l’Afrique est sur le bon chemin. La rébellion armée et/ou la prise du pouvoir par la force sont-elles un mode fiable de libération ou de démocratisation ?