Hicham El Moussaoui

La planche à billets : dernier clou dans le cercueil de l’économie algérienne ?

C’est un pléonasme que de parler de crise économique en Algérie. De la fonte des réserves de change (baisse de plus de 50%) à la dégringolade du dinar en passant par l’inflation et le chômage en hausse, les citoyens algériens, comme d’autres pays africains riches en hydrocarbures, payent le tribut de politiques publiques douteuses et d’un modèle rentier pernicieux. Pourtant, le gouvernement algérien se mure dans le déni en mettant la crise sur le compte de la mauvaise conjoncture. Pis, depuis novembre 2017 il s’est précipité dans une fuite en avant en activant le levier du désespoir, à savoir la planche à billet. Une décision qui risque d’enterrer à jamais toute aspiration à la diversification de l’économie algérienne. Pourquoi ?

Maroc : « bricoler » une loi de finances pour racheter la paix sociale

Le projet de loi de finances (PLF) 2019, adopté au conseil du gouvernement, a été présenté et déposé au parlement, le 22 octobre dernier pour discussions et amendements. Malheureusement, les lois de finances se suivent et se ressemblent, sans qu’il n’y ait une vraie rupture susceptible de donner une impulsion à l’économie marocaine.

Entrepreneuriat en Afrique : de la quantité à la qualité

Si l’on vous demandait qui des deux pays, Etats-Unis ou Ouganda, a le taux d’activité entrepreneuriale le plus élevé ? Certainement que vous répondrez sans hésitation les Etats-Unis. Pourtant, selon l’indice du Global Entrepreneurship Monitoring (GEM), mesurant l’entrepreneuriat dans le monde entier, il y a plus d’entrepreneurs en Ouganda qu’aux Etats-Unis (28% en Ouganda contre 4% pour les US). Est-ce pour autant que l’Ouganda est plus développé que les Etats-Unis ? Bien évidemment que non. D’où l’importance de tenir compte de la qualité de l’entrepreneuriat, et ce pour plusieurs raisons.

Maroc : le Conseil de la concurrence aux abonnés absents

Depuis la libéralisation du secteur des hydrocarbures, les consommateurs ne sont pas certains que les prix pratiqués par les distributeurs pétroliers suivent vraiment la loi de l’offre et de la demande. Un doute nourri par l’observation des prix à la pompe qui augmentent suite à la moindre remontée des cours de pétrole, et stagnent  quand ceux-ci baissent. Aussi, l’on soupçonne les distributeurs d’entente tacite sur les prix. Une suspicion corroborée par la déclaration du gouverneur de Bank-al-Maghrib et l’aveu d’impuissance du Ministre de gouvernance qui fait le constat de l’explosion des bénéfices des distributeurs. Cette polémique aurait pu être éteinte si le Conseil de la Concurrence, chargé de contrôler les pratiques anticoncurrentielles et les pratiques commerciales déloyales, s’était emparé de l’affaire pour démêler le vrai du faux. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait alors?

Système de change fixe au Maroc : la caisse de compensation cachée !

La dernière décision du gouvernement Othmani, d’annuler à la dernière minute le lancement du processus de flexibilisation du dirham ne vous a certainement pas échappé. Si le report est acté, faut-il pour autant renoncer à la réforme du système actuel du change fixe ? A mon humble avis, la réponse est non ! Mais avant de justifier ma posture, permettez-moi de préciser rapidement le fonctionnement du système actuel.