Libéralisation

Ethiopie : Comment réussir les privatisations ?

Le gouvernement éthiopien a pris la décision de vendre des participations minoritaires à des investisseurs étrangers et nationaux dans des monopoles d'État tels qu'Ethio Telecom, Ethiopian Airlines Eto Ethiopian Shipping & Logistics Services Enterprise. Cette décision est à saluer car elle permettra de contribuer à l’allégement du déficit public et permettra surtout de moderniser lesdites entreprises et permettre au secteur privé de relancer une croissance forte et durable avec plus de création d'emplois. Néanmoins, comment éviter le bilan en demi-teinte des privatisations en Afrique depuis les années 90 ?

Afrique du Sud : ouverture du ciel et décollage du tourisme

En 2013, Israël avait signé un accord «Ciel ouvert» (Open sky) avec l'Union Européenne. Les objectifs étaient d'augmenter le nombre de compagnies aériennes étrangères opérant dans le pays, accroître le nombre de routes desservies, réduire les tarifs et stimuler le tourisme. Depuis, le nombre total de billets internationaux d'Israël a augmenté de 46% entre 2012 et 2016, passant de 6 441 569 à 9 399 299. La capacité a encore augmenté pour atteindre un record de 11 041 535 en 2017[1]. Imaginez ce que Open Sky pourrait apporter à l'industrie du tourisme en Afrique du Sud !

De la pertinence des privatisations pour l’Afrique

La privatisation n’a pas bonne presse en Afrique. Elle a été souvent contestée, voire remise en cause au regard de son bilan mitigé. Elle est souvent présentée comme une menace pour le développement et la création d’emplois. Toutefois, il ne faudrait pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Car si la mise en œuvre des privatisations en Afrique a été dévoyée en raison du non respect de certains préalables institutionnels (état de droit, liberté des prix, concurrence saine, etc.), ce n’est pas pour autant que les privatisations sont perverses en soi. Au contraire, bien mises en œuvre, elles seront sources de prospérité pour tous, et ce pour plusieurs raisons.

Niger : comment réussir la libéralisation du secteur de l’électricité ?

En dépit des immenses potentialités énergétiques du Niger en charbon minéral, pétrole, soleil, uranium et de potentialités hydroélectriques sur le fleuve Niger, les Nigériens ont un faible accès à l'électricité. Ainsi, le taux de couverture en électricité est de 22,7% et le taux d’accès des ménages est de 9,53%. Et quand bien même les privilégies ont accès à l’électricité, ils doivent subir la cherté des tarifs et les délestages intempestifs.

Pourquoi faut-il libéraliser le « ciel » africain ?

Même si l'Afrique abrite 15% de la population mondiale, elle ne représente qu'une proportion relativement faible du trafic aérien, soit moins de 3% du trafic mondial. Bien que petit, le marché de l'aviation africaine se développe rapidement. Le nombre de passagers aériens internationaux a connu une croissance constante d'année en année depuis 2004, sauf en 2011 le trafic a plongé en raison de l'instabilité politique dans certaines régions d'Afrique du Nord.