Justice

L’expérience marocaine de justice transitionnelle: quel bilan?

Louangée par certains comme étant une expérience méritoire, car sans précédent dans l’histoire tourmentée du Maghreb et de l’Orient, l’Instance Equité et Réconciliation (IER) au Maroc n’en demeure pas moins critiquable. L’inauguration le 05 septembre 2016 d’un cimetière à la mémoire des victimes des émeutes de la faim de juin 1981, nous offre l’occasion de revenir sur son bilan: a-t-elle permis une véritable «transition»?

Procès Hissène Habré : L’Afrique jugera-t-elle l’Afrique ?

Le 30 mai 2016 restera à jamais marqué dans l’histoire du continent africain. Un ex-chef d’Etat africain a été jugé et condamné par un tribunal africain. Après un long processus judiciaire qui a connu plusieurs rebondissements, Hissène Habré, l’homme qui a dirigé le Tchad de 1982 à 1990 et qui était accusé de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crimes de torture s’est vu condamné à perpétuité par un tribunal spécial à Dakar. Un exploit historique pour plusieurs observateurs qui pensent que ce procès augure d'une nouvelle justice africaine basé sur le principe: l'Afrique juge l'Afrique. Peut-on céder à cette euphorie ambiante ?

Affaire Soro : Ne pas succomber à l’argument souverainiste !

La révélation d’un enregistrement sonore rapportant une conversation entre le présumé Guillaume Soro, président de l’assemblée nationale, et Djibril Bassolé, le Général ayant mené le putsch raté de septembre 2015, et écarté de la course à la présidentielle au Burkina Faso, a soulevé un tollé général. Quelques jours avant la diffusion de cet enregistrement, Djibril Bassolé instruisait l’ancienne garde de Blaise Compaoré (RSP), commandé par le général Diendéré, de faire un coup d’Etat pour essuyer cet affront dont il serait victime. Auparavant chef de la rébellion ivoirienne, Guillaume Soro, qui a l’expérience de la prise du pouvoir par la force, aurait donné conseillé son ami Bassolé pour la réussite d’un nouveau plan de renversement.

Pédophilie au Maroc : une justice coupable !

Dans un rapport récemment publié par la COCASSE (Coalition Contre les Abus Sexuels Sur les Enfants), les autorités marocaines ont été vivement interpellées par une pédophilie peu réprimée. Pas moins de 70 enfants sont abusés sexuellement, chaque jour au royaume les affaires de pédophilie deviennent légion : des cas hautement médiatisés à l’instar de l’affaire Daniel Galvan (Août 2013), jusqu’aux nombreuses affaires régulièrement relayées par la presse nationale. Pourquoi la pédophilie se perpétue-t-elle au Maroc ?

Pour une protection effective des témoins en Afrique

Apparue dans les années 70 aux Etats-Unis sous la forme d’une procédure légale utilisable dans le cadre d’un programme de démantèlement d’organisations criminelles de type mafia, la protection des témoins semble aujourd’hui constituer une donnée cardinale dans la lutte contre la criminalité. Dans le monde, de nombreux pays ont créé des programmes spécialisés ou ont, à cette fin, légiféré. Les Etats africains, fort heureusement, ne sont pas restés en marge de ce mouvement. Cependant, si ces Etats dans leur ensemble disposent plus ou moins de réglementations en la matière, l’observation montre qu’en Afrique la protection des témoins ne reste qu’un vœu pieux. Comment passer alors des paroles aux actes?