Louis-Marie KAKDEU

Elections du 11 octobre 2015 au Burkina Faso : Six pièges politiques à éviter

Le nouveau code électoral burkinabè promulgué le 10 avril 2015 en vue des législatives et présidentielles du 11 octobre 2015, est ambigu sur le sort des proches de Blaise Compaoré, chassé du pouvoir par révolution populaire le 31 novembre 2014. Il s’agit de certains militaires et magistrats, et de l’ex-majorité présidentielle accusés d’avoir « soutenu un changement inconstitutionnel portant atteinte au principe de l'alternance démocratique ». Une polémique importante est déclenchée autour de cette décision et il convient de savoir de quoi il est question et quels pièges politiques il faudrait éviter.

Société civile africaine : cheval de Troie des forces impérialistes ?

Dans le livre de Valérie Lecasble et Airy Routier, Forages en eau profonde, publié chez Grasset en 1998, Loïk Le Floch-Prigent, ancien PDG d’Elf, explique à la page 119 que la guerre du pétrole en Afrique se gagne « avec de l'argent liquide à la clef ». Au rang des bénéficiaires, figurent bien certains activistes de la société civile qui sont sensés défendre les intérêts locaux. Ainsi, en décembre 2014, les autorités kényanes ont décidé de la fermeture d’environ 500 ONGs, parmi lesquelles 15 associations accusées de financer le terrorisme.

Chinafrique : un partenariat gagnant-gagnant?

Depuis 2010, la Chine est devenue le premier partenaire économique de l’Afrique. Sa part de marché à l’exportation est passée de 3% en 2000 à 12% en 2010, alors que celle de la France par exemple a chuté sur la même période de 16% à 9%. La question reste de savoir à qui profite le commerce international en Afrique. Pourquoi une certaine préférence pour la Chine ?

Quatre mesures pour vaincre l’Etat néo-patrimonial en Afrique

Certains États bureaucratiques africains maintiennent à l’interne des formes de domination néo-patrimoniale qui s’appuient sur le clientélisme, la loyauté, l’allégeance ou la soumission. En effet, le chef de l'État et ses proches gèrent les ressources publiques comme un héritage familial. Il y a une non-dissociation des rôles politiques et économiques, confusion entre les biens publics et les biens privés et entre l’individu et sa fonction. Il n’existe pas de réédition des comptes.

Deux mesures pour optimiser les politiques migratoires en Afrique

De nos jours, de véritables politiques migratoires en Afrique font défaut. Les pays de départ ou de destination en Afrique subissent des mouvements migratoires au lieu de les contrôler, orienter ou maîtriser en fonction des besoins réels (choix politiques). Par exemple, une mauvaise gestion des flux migratoires en provenance principalement du Burkina Faso pousse la Côte d’Ivoire, jadis « éléphant d’Afrique » présentant des « miracles économiques » (première puissance mondiale du cacao), à gérer depuis 20 ans des crises sociales liées à l’ivoirité (primauté des « ivoiriens de souche » sur les « travailleurs immigrés ») qui ne cessent de tirer les efforts de développement de ce pays d’accueil vers le bas.