Louis-Marie KAKDEU

Cameroun : Cinq freins à l’industrialisation.

Selon la littérature, l’industrialisation comme action de transformer les matières premières pour les besoins de satisfaction du marché, est la voie royale du développement. Au Cameroun, le processus a débuté depuis l’époque coloniale pendant les deux premiers plans quadriennaux (1947-1953 et 1953-1959) élaborés dans l’objectif de mettre en place des infrastructures de base, de diversifier et de moderniser le secteur productif. Plus d’un demi-siècle plus tard, le secteur manufacturier tarde à décoller et les exportations restent dominées par les matières premières à l’état brut. Pis, du 3ème pays industriel de la zone franc en 1980, le Cameroun a dégringolé. Quelles en sont les causes et que faut-il faire ?

Cameroun : le développement rural pris en otage

En vue d’être éligible à l’initiative de désendettement Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), le gouvernement camerounais avait dû accepter, dans les années 2000, de basculer dans l’approche projet/programme. Il s’agissait, dans l’idéal, de la démarche consistant en l’identification d’un problème local et en la proposition d’une solution à travers un mécanisme de planification et de programmation des activités. Près de 15 ans après, le monde rural continue de se paupériser. Comment sortir d’une telle impasse?

La filière bois gangrenée au Cameroun

Selon l’Annuaire statistique du Cameroun, édition 2015, de l’Institut National de la Statistique, le Cameroun compte près de 20 millions d’hectares (ha) de forêts tropicales humides au sein du bassin du Congo qui est le deuxième massif forestier tropical au monde après la forêt amazonienne. Riche de cette forêt pourvoyeuse d’environ 165 espèces de bois, on peut être surpris de constater que le pays tourne à perte dans l’industrie de la transformation. Comment expliquer une telle aberration ?

Cameroun : La protection de la famille et de l’enfance en danger

La protection de l’enfance est un droit constitutionnel au Cameroun. Mais au fil des années, on constate une sorte d’inertie et les enfants vulnérables sombrent de plus en plus dans la précarité ou sont abandonnés. Selon l’Annuaire Statistique du Ministère en charge des affaires sociales (MINAS, 2012), le nombre d’enfants abandonnés et encadrés auprès des structures sociales sur l’ensemble du territoire national est en constante augmentation. Ainsi, il est passé de 29 en 2008 à 1326 en 2010. Sur le plan de l’éducation, le taux de non-scolarisation des enfants en âge scolaire (6-14 ans) était de 24,9% alors que la scolarisation est obligatoire à cet âge depuis 1998. Comment expliquer une telle inertie ?

Cameroun : une loi de finances spoliatrice ?

Le projet de loi des finances (PLF 2018) duCameroun prévoit une enveloppe budgétaire de 4513,5 milliards de FCFA, en hausse de 139,7 milliards par rapport à 2017. Pour y parvenir, tout en réduisant la dépendance aux revenus pétroliers et le déficit à 2,3% du PIB conformément aux recommandations du mécanisme de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) du FMI, l’élargissement de l’assiette fiscale a été retenu. Sauf qu’au lieu d’introduire des mesures incitatives pour attirer plus d’investissements, le gouvernement semble avoir opté pour le dépouillement du peu de contribuables existants.